Visite d’un Edel 660

Voile au vent du Edel 6

De quoi s’agit il ?

J’ai trouvé ce bateau sur leboncoin.fr, il était un peu au dessus de mon budget mais bon… Celui ci est donc un voilier quillard Edel 660, en bref :

  • Longueur : 6,60 m
  • Largeur : 2,50 m
  • Tirant d’eau : 1 m
  • Poids : 1100 Kg dont leste de 400 kg

Avec en plus et non négligeable :

  • Moteur 2 temps hors bord YAMAHA 6 CV (quasiment neuf et économique)
  • Remorque double essieux

Plus d’infos sur l’Edel 660 :

Circonstances

Cette merveille de 1977 mouillait au port d’Auphelle dans le lac de Vassivière près de Peyrat-le-Château. J’ai pu voir ce bateau le 21 septembre 2012. Finalement j’y suis allé seul car Michel avait beaucoup d’autres choses à faire.
Vaille que vaille j’ai pas peur, j’y vais !

Découverte

Mon futur voilier ?J’arrive seul au port, le propriétaire n’était pas encore là. Il m’avait donné le code du portail et la place du voilier, je n’ai donc pas eu de mal à le trouver. Il était amarré à côté d’un jumeau, un autre Edel 6 qui a l’option du pavillon relevable. Le mien était cerclé d’un adhésif anti-choc (voir photos ci-dessous). J’admire la bête, fidèle à ce que j’en attend, tire quelque photo timidement. Je suis dans un environnement qui ne m’est pas du tout familier mais que je ne demande qu’à apprivoiser.

Un bonhomme d’une soixantaine d’année, un adhérent du club de voile de Vassivière est venu à ma rencontre. Lui et quelques amis étaient en charge de sortir les voiliers par grutage, car il faut savoir que le port d’Auphelle est le seul de ce lac qui permet la mise en eau et sortie par l’aide d’une grue. Nous parlons un bon quart d’heure et il me fait part d’une terminologie qui m’est inconnue, le langage bateau ! Je bois ses paroles en me délectant, acteur de mon érudition 🙂 … je veux dire que je ne demande qu’à la connaitre cette terminologie de la marine !

Les locations de place au port se font par adhésion annuel au club au tarif de 450 € grutage compris. La période est de fin mars à fin octobre en théorie… car le lac appartenant à l’EDF, ils ont besoin d’électricité en fin d’été alors ils font tourner les turbines ce qui a pour effet de baisser le niveau du lac => Il est courant de devoir sortir les bateaux avant fin octobre !

L’homme arrive

Un solide monsieur d’une cinquantaine d’année, grand et cheveux argentés prénommé Frank.

Visite

Vue de l'intérieurEnfin nous montons sur le voilier, le propriétaire accompagné de son fils et moi. Il a la clé du… « cockpit » ! On entre à l’intérieur et là on se croirait dans une caravane, certes un peu foutoir mais confortable. Tout y est du réchaud au petit évier ainsi que 5 couchages, banquette en skaï ou autre matière plastique en bon état, un sondeur sur batterie (fonctionnel) et tout un tas d’équipement domestique utiles. Le bateau est dit « dans son jus » les rideaux d’origines sont propres mais moches et secs. Le plastique ou fibre présente des micros fissures sur certains arrondis qu’il serait facile à enduire. Les parois intérieurs sont pointés sporadiquement de moisi ou petites taches quelconque MAIS RIEN D’INSALUBRE, je suis sous le charme, je m’y vois déjà.

Cette petite merveille serait l’occasion d’assouvir ma furieuse envie de ponçage et peinture !

La pluie commence à tomber, on est forcé de rester à l’intérieur le temps de l’averse. Nous sommes 3 et pourtant bien confortablement assis. On sent à peine les remous de l’eau au port. On pourrait presque faire un scrabble ! Le proprio profite de ce petit incident climatique pour me raconter l’historique de ce bateau, ou tout du moins, ce que lui en connait. Il s’agit d’un bateau qu’il a acheté en 2006, mouillé à l’ile d’Oléron (ce qui lui a causé les frottements sur la coque extérieur durant une tempête) pendant 4 ans et aujourd’hui en eau douce à Vassivière depuis 2 ans sorti pour l’hivernage (le voilier dort donc à l’abri, hors de l’eau en hiver dans la grange d’un ami du propriétaire).

Ballade

La pluie cesse et la visite se poursuit avec remise en route du moteur, ce qui est nécessaire pour manœuvrer et sortir du port. Tous les espaces sont bien réfléchis sur ce genre d’embarcation, c’est comme ça que Frank tira un bidon métallique rouge de sou l’assise extérieure. Il me montre comment brancher tout le trafugeau… facile ! Il amorce le moteur en faisant monter l’essence à l’aide d’une poire, il tire quelques coups sur le lanceur (façon tondeuse) ; le moteur démarre !

Après une manœuvre ou deux, marche arrière / avant, Frank nous sort rapidement du port. Il se positionne dans une zone dégagé puis hisse la grand’voile. On s’oriente par rapport au vent, moteur coupé et on file ! Le  foc n’est pas monté mais la prise au vent est suffisante pour glisser avec une sensation de grande vitesse sur l’eau noire du lac. On vire de bord pour retourner au port, à effectuant avec prudence pour ne pas prendre un coup de bôme dans les joues !

Démâtage

Retour au port et on se parc sur un catway à proximité de la grue pour démâter. L’opération est maintenant de sortir le bateau de l’eau. J’en ai profiter pour apprendre à faire des boucles d’amarrage .. accrocher un bateau… je ne me doutais pas qu’il existait une méthode logique et infaillible pour que les bateaux soient solidement attachés ! Le jeune maintenait donc le ma par l’avant avec une longue drisse. Le père a pris soin de détacher le génois et desserrer les vis qui maintiennent le mât à sa base. Et pui ça a « coulé » tout seul, le mât est descendu délicatement, nous l’avons glissé sur la longueur du voilier, à l’horizontal.

Cette façon ordonnée de plier les drisses, câbles, bôme et mât permettra au printemps prochain de remettre rapidement le tout en marche.

Grutage

Prêt pour le grutagePhase délicate opérée par Frank et quelques membres du club de voile. Les hommes expérimentés ont pris soin de faire avancer le bateau dans un axe bien précis sous la grue pour y positionner 2 solides sangles qui permettront à la grue de soulever, de niveau, le voilier en toute sécurité. Au plus le bateau montait et sortait de l’eau, sous l’effet du changement de la pression, on entendait quelques craquements, les parois qui travaillaient tel une main pénétrant un paquet de chips. Ceci fait, Frank plaça sa remorque en marche arrière sous la grue, afin de déposer les 1T100kg du bateau sur le double essieux de la solide remorque.

Navire chargé, après quelques bridages de circonstance Frank s’en retournera chez lui vers Limoges. Sera-ce la dernière fois pour lui avec son Edel 6 ? Prendrai-je le relais ?

Photos

Hélas le ciel était gris ce jour là mais j’ai eu le privilège de voir le bateau en entier sous tous les angles. Pas de tromperie ni vices cachés.

Article rédigé par Bruno

"Mon Journal Intime" - Y'a pas de contributeurs, éditeurs et autres auteurs. C'est parfois écrit bizarrement ... pourrit ... Prolixe ... tant pis ! J'écris vrai à l'instant T et je retouche quand ça ne me plait plus à l'instant T + n.

Commentaires : 2 commentaires

  1. Allain 8 mars 2014 Répondre

    Trés beau reportage . Je suis propriétaire d'un Edel 600,et fan de la marque. Je recherche une paire de vérins pour le rouf, si quelqu'un me m'indiquer où se les procurer ça me rendrai service d'avance merci. Cordiales salutations

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